Démystifier le métier d’observateur de mammifères marins

Un observateur de mammifères marins a pour mandat de faire respecter la réglementation associée à la surveillance de travaux maritimes pouvant avoir des impacts sur les baleines et les espèces listées et protégées par la Loi sur les espèces en péril du Canada. Pour occuper un tel emploi, il faut détenir certaines qualités et des connaissances spécifiques. Une formation développée et offerte depuis quelques années par le Réseau d’observation de mammifères marins (ROMM) en collaboration avec l’École des Pêches et de l’Aquaculture du Québec (ÉPAQ) en Gaspésie est vite devenue un incontournable pour former des observateurs certifiés, donnant ainsi une plus grande crédibilité à cette importante fonction encore méconnue.

Il y a quelques années, il fallait se déplacer hors du continent nord-américain pour suivre une formation d’observateur de mammifères marins (OMM) et d’opérateur de système d’acoustique passive (PAM). C’est d’ailleurs ce chemin qu’a suivi en 2009 Stéphanie-Carole Pieddesaux, responsable scientifique du ROMM et enseignante à l’ÉPAQ. Aujourd’hui, elle est formatrice au Québec de cette seule formation offerte au Canada. « Pour les gens qui voudraient être des OMM au Québec, il est beaucoup plus avantageux de suivre la formation offerte ici, car elle est évidemment moins dispendieuse tout en étant appliquée aux eaux canadiennes. »

Tous les types de travaux en milieu marin ont un impact sur la faune et les écosystèmes. Pour minimiser ces impacts et les dérangements associés, il faut connaître les types de travaux en cours, quelles sont leurs incidences sur l’environnement et les mammifères marins et quels comportements pourraient démontrer qu’il y a un dérangement réel. « Il est facile de croire que de travailler comme OMM est un travail anodin. Mais ce n’est pas le cas. Il faut avoir la capacité d’être attentif pendant de longues heures en regardant la surface de l’eau. Il faut pouvoir identifier les espèces observées. Il faut pouvoir connaître et reconnaître les comportements associés au dérangement et à l’évitement. Il faut aussi être capable de communiquer efficacement pour faire arrêter les travaux lorsque le permis délivré exige que les travaux soient suspendus tant et aussi longtemps qu’il y un mammifère marin dans une zone précise, et que si ces directives ne sont pas respectées par l’entrepreneur, il faut alors aviser les autorités compétentes pour dénoncer les comportements fautifs. Tout ça, ce n’est pas donné à tout le monde ! » explique madame Pieddesaux.

Le Québec est le seul endroit au Canada où cette formation peut être suivie. Pour le moment du moins ! Des intérêts venant des provinces maritimes et de l’Ouest canadien sont de plus en plus nombreux, certains gestionnaires de chantiers sont plus sensibilisés à l’importance du travail d’OMM et y accordent plus d’importance quand vient le temps d’embaucher son observateur. « Avant, il n’était pas rare de voir le cousin d’un directeur de chantier occuper le poste d’observateur. Aujourd’hui, c’est un peu moins courant maintenant qu’il existe un certificat pour cet emploi. Nous ne sommes pas encore officiellement reconnus par Pêches et Océans Canada, mais nous savons que notre travail est apprécié et reconnu. » précise madame Pieddesaux.

La prochaine formation aura lieu à Grande-Rivière, du 20 au 27 octobre 2014. La période d’inscription bat son plein, c’est le temps de s’y inscrire ! Pour plus d’information, contactez Véronique Nolet à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .